Le tribunal correctionnel de Paris a renvoyé, lundi, au 8 février, le procès à huis clos du rappeur Doums pour violences conjugales répétées sur l'actrice Adèle Exarchopoulos, son ex-compagne. Cette décision fait suite à une audience de quatre heures, au cours de laquelle l'avocate habituelle de Doums était absente pour raison médicale. L'actrice, âgée de 32 ans et doublement césarisée, s'est présentée au tribunal vêtue tout de noir, les cheveux tirés en arrière. Elle était accompagnée de quelques proches, dont son actuel compagnon, l'acteur François Civil, avec qui elle a partagé l'affiche de «Bac Nord» et «L'amour ouf».
Mamadou Coulibaly, connu sous le nom de scène Doums, 33 ans, est accusé de violences habituelles commises entre 2017 et 2025 sur Adèle Exarchopoulos, qui a partagé sa vie jusqu'en 2018 et avec qui elle a eu un fils. Selon la prévention lue en début d'audience par la présidente du tribunal, la justice lui reproche d'avoir frappé au visage la star de «La vie d'Adèle», de lui avoir tiré les cheveux, d'avoir mis son poing dans sa bouche, et de l'avoir menacée de violences et de mort. Ces faits auraient causé une incapacité totale de travail (ITT) de deux mois à la comédienne.
Faisant droit à une demande d'Adèle Exarchopoulos, le tribunal a ordonné un huis clos partiel «afin d'assurer la sérénité des débats et de préserver la dignité des parties», en raison de la notoriété des protagonistes du dossier. La presse et le public ont été invités à sortir; seuls les proches de la comédienne ont pu rester dans la salle d'audience. Cette mesure de protection est fréquente dans les affaires de violences conjugales impliquant des personnalités publiques, afin d'éviter une médiatisation excessive qui pourrait nuire à la victime ou compromettre le bon déroulement de la procédure.
Doums, qui apparassait détendu à l'audience, vêtu d'une ample chemise de lin blanche avec un foulard blanc noué sur la tête, se trouve en état de récidive légale. Son casier judiciaire compte déjà trois condamnations pour des faits envers Adèle Exarchopoulos: une pour des violences conjugales, et deux autres pour des appels et messages téléphoniques malveillants. De plus, il a été condamné en février dernier à Créteil à huit mois de prison avec sursis pour violences conjugales sur une autre compagne, au terme d'un procès déjà à huis clos. Cette accumulation de condamnations souligne la gravité des faits et la récurrence des comportements violents de l'artiste.
Un artiste au parcours musical remarqué
Doums est un ancien membre du collectif L'Entourage, où il évoluait notamment aux côtés d'Alpha Wann, Deen Burbigo et Nekfeu. Il a également formé avec l'artiste Népal le duo 2Fingz. Avec environ 480 000 auditeurs mensuels sur Spotify, Doums bénéficie d'une notoriété considérable dans le milieu du rap français. Son premier album solo, sorti en 2018, a été bien accueilli par la critique et a consolidé sa place parmi les figures montantes du genre. Cependant, cette carrière prometteuse est désormais entachée par des affaires judiciaires qui révèlent une face sombre de l'artiste.
Le monde du rap français a souvent été secoué par des scandales liés aux violences conjugales ou sexuelles. Plusieurs rappeurs ont été accusés ou condamnés pour des faits similaires, ce qui a suscité des débats au sein de la communauté musicale et du grand public. L'affaire Doums, en particulier, met en lumière la difficulté pour les victimes, même célèbres, de dénoncer les violences subies et de voir justice rendue. La décision de huis clos a été perçue par certains comme une protection nécessaire, mais d'autres y voient un obstacle à la transparence judiciaire.
Adèle Exarchopoulos: une carrière exceptionnelle
Adèle Exarchopoulos est l'une des actrices les plus talentueuses de sa génération. Révélée au grand public en 2013 par le film «La vie d'Adèle» de Abdellatif Kechiche, pour lequel elle a remporté la Palme d'Or à Cannes (prix décerné à l'ensemble du film) et le César du meilleur espoir féminin, elle a enchaîné les rôles marquants. En 2021, elle obtient un deuxième César, cette fois de la meilleure actrice dans un second rôle pour le film «Adieu les cons» d'Albert Dupontel. Sa filmographie compte également des succès comme «Bac Nord» (2021) et «L'amour ouf» (2024), où elle partage l'affiche avec son compagnon actuel, François Civil.
François Civil, quant à lui, est un acteur reconnu pour ses rôles dans «Le Chant du loup» (2019), la série «Le Bazar de la Charité» (2019) ou encore «Les Trois Mousquetaires» (2023). Sa présence au procès témoigne de son soutien indéfectible à Adèle Exarchopoulos dans cette épreuve judiciaire. Le couple, officialisé en 2022, est souvent décrit comme l'un des plus solides du cinéma français.
L'affaire Doums soulève également des questions sur la protection des victimes de violences conjugales dans le milieu du spectacle. Les témoignages d'autres actrices ou chanteuses ayant subi des violences de la part de leur conjoint ou ex-conjoint sont hélas nombreux. La pression médiatique, la peur de nuire à sa carrière ou les menaces de représailles compliquent souvent le dépôt de plainte. Dans le cas d'Adèle Exarchopoulos, c'est après une longue procédure que la justice a pu rassembler suffisamment d'éléments pour ouvrir ce procès, qui devra maintenant attendre le 8 février pour être jugé sur le fond.
Le renvoi du procès a été décidé en raison de l'absence de l'avocate habituelle de Doums, qui a produit un certificat médical. La défense a demandé un délai pour permettre à son conseil de préparer la défense. La partie civile, représentée par l'avocate de l'actrice, ne s'est pas opposée à ce renvoi, mais a demandé que les mesures de protection (huis clos) soient maintenues. Le tribunal a accédé à cette demande.
Les prochaines semaines seront cruciales pour la manifestation de la vérité. En attendant, Adèle Exarchopoulos peut compter sur le soutien de ses proches, notamment de François Civil, qui reste à ses côtés. Cette affaire rappelle que les violences conjugales sont un fléau qui touche toutes les catégories sociales, y compris les personnalités les plus célèbres. La justice doit répondre avec fermeté pour protéger les victimes et sanctionner les agresseurs, tout en respectant les droits de la défense.
Source: L'essentiel News