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DOGE en ruine, Tesla en crise : Elon Musk fuit le désastre et s’apprêterait à arrêter la politique

Sep 09, 2026  Twila Rosenbaum  6 views
DOGE en ruine, Tesla en crise : Elon Musk fuit le désastre et s’apprêterait à arrêter la politique

La séquence politique d’Elon Musk pourrait bien s’achever comme elle avait commencé : dans le bruit, les promesses et l’improvisation. L’homme d’affaires, propulsé à la tête du Department of Government Efficiency (DOGE) au lendemain de la réélection de Donald Trump, s’apprêterait selon plusieurs médias américains à quitter ses fonctions gouvernementales. L’intéressé se dirait lassé par les attaques répétées de la gauche et, surtout, serait rattrapé par une réalité industrielle implacable. Tesla, sa société la plus exposée, est entrée dans une phase critique que plus personne, à Wall Street, ne peut ignorer.

Les points clés

  • Elon Musk envisage de quitter le DOGE, en proie à des résultats décevants.
  • L’objectif initial de 2 000 milliards de dollars d’économies est très loin d’être atteint.
  • Tesla est sous pression, avec des ventes en repli et un titre boursier fragile.
  • Le statut de collaborateur gouvernemental spécial de Musk expire à la fin du mois de mai.

Une aventure gouvernementale en perdition

L’histoire avait pourtant débuté sur les chapeaux de roues. En rejoignant l’administration Trump, Elon Musk avait promis une véritable révolution du secteur public américain, tailler dans les dépenses fédérales avec une brutalité assumée et rendre l’administration enfin efficace. Le chiffre de 2 000 milliards de dollars d’économies avait été avancé comme une ambition crédible par les soutiens du DOGE. Dans les faits, le bilan apparaît pour le moins modeste. Les coupes effectivement réalisées ou identifiées ne dépasseraient pas 150 milliards de dollars, soit une goutte d’eau dans le budget fédéral américain qui dépasse les 6 000 milliards de dollars.

Pire, les méthodes employées ont vite montré leurs limites. L’envoi en masse d’emails aux fonctionnaires fédéraux, leur demandant de lister cinq réalisations accomplies dans la semaine sous peine de sanctions, est devenu le symbole de cette dérive. L’Office of Personnel Management, l’agence chargée de la gestion des ressources humaines du gouvernement fédéral, avait rapidement précisé qu’aucune sanction ne serait prise contre les employés qui ne répondraient pas. Résultat : les emails finissent désormais aux oubliettes, les réponses se font rares, et le DOGE semble peiner à imposer la moindre autorité.

Le département a également vu son champ d’action se réduire comme peau de chagrin. L’idée d’organiser un hackathon pour s’attaquer au fisc américain, un projet régulièrement évoqué, aurait été abandonnée. Les experts en cybersécurité, de leur côté, multiplient les mises en garde contre les pratiques du DOGE, jugées dangereuses pour la sécurité des systèmes d’information gouvernementaux. Faute de véritable leadership et de stratégie cohérente, l’organisme s’est enlisé dans une routine inefficace, illustrant ce que certains appellent déjà la méthode Musk : beaucoup de bruit, quelques secousses, mais aucune transformation durable.

Un retrait motivé par la politique et par Tesla

Si Elon Musk quitte le navire, ce n’est pas seulement parce que le DOGE est à la dérive. Ses proches évoquent un homme excédé par les attaques personnelles venues de la gauche politique américaine, des critiques jugées par lui injustifiées et amplifiées par les médias. Pourtant, cette lassitude ne suffirait pas à expliquer un départ aussi précipité. Le temps presse surtout du côté de Tesla, la firme automobile dont il est l’âme et le principal actionnaire.

Tesla traverse en effet l’une des périodes les plus délicates de son histoire. Les ventes fléchissent sur les principaux marchés, alors que la concurrence chinoise s’intensifie et que l’image de la marque est écornée par les positions politiques de son patron. Les projets les plus ambitieux, comme le robotaxi ou les robots humanoïdes Optimus, peinent à se concrétiser, malgré des promesses toujours plus enthousiastes. En Bourse, le titre donne des signes inquiétants à l’approche de la publication des résultats financiers. Les investisseurs, autrefois prêts à tout pardonner à Musk, commencent à s’interroger.

Dan Ives, analyste réputé de Wedbush Securities, a donné le ton dans une note adressée à ses clients : Musk doit quitter le DOGE et revenir à Tesla, qu’il juge en situation de code rouge. Selon lui, les dégâts causés à la marque par l’engagement politique du milliardaire sont bien réels. Il invite d’ailleurs ceux qui en douteraient à discuter avec des acheteurs de voitures aux États-Unis, en Europe ou en Asie. Le message pourrait être entendu, à en croire les dernières indiscrétions en provenance des cercles proches du milliardaire.

Une sortie de scène compliquée

Reste à savoir quand, précisément, Elon Musk quittera ses fonctions. Son statut de special government employee, c’est-à-dire de collaborateur gouvernemental spécial, doit expirer à la fin du mois de mai. Il s’agit d’un poste à temps partiel, créé pour permettre à des experts extérieurs de travailler pour le gouvernement sans rompre tous leurs liens avec le secteur privé. La date butoir impose donc un calendrier, mais elle ne règle pas la question de la suite.

Officiellement, le DOGE était censé rester actif jusqu’en juillet 2026. Mais plus personne, à Washington, ne semble en mesure de dire si l’organisme survivra au départ de son fondateur. Le Commercial Real Estate Finance Council, qui suit de près les évolutions administratives de la capitale fédérale, note que rien ne garantit une poursuite sous une autre direction, ni même une restructuration en bonne et due forme. Le flou est total, et il est désormais permis de penser que le DOGE pourrait disparaître bien plus tôt que prévu, dans l’indifférence générale.

En attendant, Elon Musk se retrouve face à un choix familier. Fuir un incendie pour tenter d’en éteindre un autre, comme il l’a si souvent fait au cours de sa carrière. Le retour à Tesla pourrait toutefois être plus compliqué qu’il n’y paraît. La marque n’est pas seulement confrontée à un problème de ventes, elle doit aussi reconstruire une image abîmée par des mois de polémiques politiques. Le secteur automobile, de son côté, est entré dans une mutation brutale, avec un ralentissement de la demande électrique et une guerre des prix provoquée par les constructeurs chinois. Tesla, autrefois pionnière, doit désormais défendre son avance technologique face à des rivaux mieux armés qu’elle sur certains segments.

Le retour annoncé de Musk ne suffira sans doute pas à effacer les tensions avec une partie de la clientèle, notamment aux États-Unis, où les prises de position du milliardaire ont durablement divisé l’opinion. Plusieurs études de marché citées par la presse américaine montrent que des consommateurs se détournent de la marque pour des raisons idéologiques, tout en reconnaissant que les véhicules restent techniquement compétitifs. Ce paradoxe pourrait peser lourd dans les prochains mois, à mesure que Tesla s’apprête à lancer de nouveaux modèles, dont le très attendu successeur du Model Y.

Un avenir politique incertain

Le départ de Musk ne signifie pas pour autant une disparition complète de la sphère politique. Ses relations avec Donald Trump restent étroites, et il conserve dans son entourage de nombreux relais au sein de l’administration. Le milliardaire pourrait revenir, à la faveur d’un autre projet ou d’une nouvelle crise, comme il l’a déjà fait après avoir quitté certains conseils consultatifs sous la première présidence Trump. Sa capacité à rebondir est l’une de ses marques de fabrique.

Mais cette fois, le contexte est différent. DOGE incarne une promesse de rupture qui n’a pas été tenue, et la marque Tesla a été durement exposée aux choix personnels de son patron. Si Musk espère sauver ce qui peut encore l’être, il devra probablement accepter de laisser parler ses résultats plutôt que ses tweets. Ses partisans, eux, restent convaincus qu’il peut redresser la barre. Ses détracteurs, tout aussi nombreux, estiment que le mal est déjà fait et que Tesla ne retrouvera pas son prestige d’antan.

Entre l’échec du DOGE et les difficultés de Tesla, une certitude émerge : Elon Musk ne peut plus être partout à la fois. La politique l’a épuisé, l’industrie le réclame, et l’avenir immédiat de son empire se joue probablement dans les mois à venir. Reste à savoir si le retour aux affaires sera suffisant pour convaincre les marchés et les conducteurs que la magie opère encore. Les premiers résultats financiers de Tesla devraient fournir un premier élément de réponse.


Source: Lesnumeriques News


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