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Liverpool : ces trois trous dans l’effectif que le mercato a laissé en suspens

Sep 09, 2026  Twila Rosenbaum  5 views
Liverpool : ces trois trous dans l’effectif que le mercato a laissé en suspens

Ce mercredi, Liverpool ouvre sa campagne de Ligue des champions face à l’Atletico Madrid avec un sentiment paradoxal. D’un côté, l’équipe a encore dépensé des sommes folles cet été. De l’autre, l’effectif préparé par Richard Hughes puis confié à Andoni Iraola présente toujours des déséquilibres majeurs. Le mercato n’a pas réglé trois problèmes structurels : le poste d’arrière droit, la profondeur au milieu défensif et la gestion de l’aile droite.

Un mercato record mais une stratégie à risque

Liverpool a confirmé cette semaine le départ de Richard Hughes, directeur sportif, vers le club saoudien d’Al-Hilal. Sortie discrète pour un dirigeant arrivé dans le sillage de Jürgen Klopp et pourtant central dans la nouvelle organisation sportive des Reds. Hughes avait notamment contribué à la nomination d’Arne Slot. L’entraîneur néerlandais avait été sacré champion d’Angleterre pour sa première saison, avant de voir son équipe chuter à la cinquième place l’an dernier. Un revers qui lui a coûté sa place, au profit d’Andoni Iraola.

C’est donc dans ce contexte troublé que le club a bouclé son mercato estival. Les venues de Bradley Barcola, Jérémy Jacquet, Víctor Muñoz et Ronald Araujo sont venues s’ajouter à un effectif déjà riche des recrutements d’Alexander Isak et de Florian Wirtz. Total affiché : 250 millions d’euros engagés cette année. Une manne énorme qui laisse croire à une équipe taillée pour tout gagner. Pourtant, le marché des transferts n’a pas été suivi d’un rééquilibrage réel du groupe, et les supporters l’ont vite compris.

Le principal problème vient peut-être de ce qui est sorti plutôt que de ce qui est entré. Mohamed Salah, Andy Robertson et Ibrahima Konaté ont tous quitté le club libres, profitant de la fin de leur contrat. Curtis Jones, pur produit de l’académie, a été autorisé à rejoindre l’Inter Milan. Autant d’automatismes perdus, autant d’expérience qui manquera dans les moments décisifs. Liverpool a bien résisté aux offensives de Manchester City pour Cody Gakpo, en refusant une offre de 93 millions d’euros, mais cette résistance souligne surtout l’impossibilité de remplacer le Néerlandais à un prix raisonnable.

Arrière droit : le chaos organisé

Le premier trou se situe à droite de la défense. Jeremy Frimpong a été aligné lors des deux premiers matches de la saison, mais ses prestations n’ont pas convaincu Iraola. Le technicien basque a ensuite choisi de repositionner Ronald Araujo dans ce rôle, malgré son arrivée comme prêté défenseur central. Une décision qui illustre l’urgence plus que la solution.

Car derrière, la situation est précaire. Conor Bradley est toujours éloigné des terrains. Joe Gomez, lui, continue de souffrir de pépins physiques récurrents. Giovanni Leoni effectue son retour après une rupture des ligaments croisés qui l’a éloigné des terrains pendant toute la saison écoulée. Liverpool ne peut donc pas compter sur une rotation naturelle. L’option Araujo pourrait devenir définitive pour 55 millions d’euros l’été prochain, si le joueur et le club trouvent un accord, mais son repositionnement ne règle pas le problème de fond.

Iraola n’a pas caché que Dominik Szoboszlai peut dépanner à ce poste. Le Hongrois est intelligent, a une excellente qualité de passe et une grosse activité défensive. Mais ce repositionnement priverait le milieu de l’un de ses moteurs les plus importants. Szoboszlai est capable de faire progresser le ballon, d’éliminer son vis-à-vis et d’apporter le danger en zone de vérité. Le faire jouer arrière droit, même ponctuellement, impose de repenser tout l’équilibre de l’équipe.

Tant que Bradley ne sera pas revenu à son niveau, Iraola devra bricoler. Le retour du Nord-Irlandais, espéré prochainement, devra être géré avec précaution. Le joueur de 22 ans a déjà connu plusieurs blessures et le staff ne pourra pas le faire jouer tous les trois jours. Tant que ce poste ne sera pas stabilisé, Liverpool avancera sur un fil.

Milieu défensif : Trey Nyoni ou rien

Le deuxième chantier concerne l’entrejeu. Liverpool a perdu Curtis Jones, et le club n’a pas cherché à le remplacer par une arrivée. C’est d’autant plus surprenant qu’Andoni Iraola n’a pas vraiment d’assurance dans le rôle de numéro six. Wataru Endo est toujours sous contrat, mais son absence de la liste pour la Ligue des champions constitue un signal très clair. L’international japonais n’entre plus dans les plans de son entraîneur.

Ryan Gravenberch a été testé à ce poste par Arne Slot, et son adaptation avait fonctionné pendant une partie de la saison. Mais l’idée n’a pas convaincu sur la durée, et Iraola semble vouloir explorer d’autres solutions. Alexis Mac Allister peut évoluer plus bas, mais le club lui chercherait un nouveau challenge selon certaines rumeurs. Szoboszlai, lui, est souvent appelé à décaler sur le côté droit. Dans ce contexte, la responsabilité repose de plus en plus sur Trey Nyoni.

Le jeune joueur formé à l’académie a impressionné pendant la présaison. Ses entrées en jeu ont montré une aisance technique rare pour son âge. Nyoni est confiant, il est capable de s’imposer sous pression, du moins sur de courtes périodes. Mais le monde de la Premier League est impitoyable. Il ne suffit pas d’avoir un bon toucher de balle ; il faut savoir dicter le tempo, casser les lignes adverses et réagir aux pertes de balle sur soixante-dix ou quatre-vingt-dix minutes. Liverpool découvrira rapidement si Nyoni est prêt à assumer ce rôle, mais le pari est osé.

Le nom de Lamine Camara a circulé dans les couloirs des supporters. Le Monégasque correspond au profil recherché, mais aucune offre ferme n’a été formulée avant la clôture du marché. Un nouveau départ pourra être tenté en janvier. D’ici là, Iraola devra faire avec un effectif qui manque de solutions confirmées au milieu, une réalité qui incombe en partie à Richard Hughes.

Aile droite : le grand déséquilibre

Le troisième trou concerne l’attaque. Remplacer Mohamed Salah n’était pas seulement une mission sportive, c’était aussi un défi symbolique. Liverpool a laissé partir son Égyptien sans réussir à attirer une star capable d’évoluer naturellement sur le côté droit. Michael Olise demeurait le profil le plus proche, mais l’ancien Rennais évolue désormais au Bayern Munich. La piste mène donc à des plans B, souvent par défaut.

Le problème est encore aggravé par la composition de l’effectif. Cody Gakpo, Bradley Barcola, Víctor Muñoz et Rio Ngumoha sont tous des gauchers très à l’aise sur le côté gauche. Leur demander d’inverser leurs courses n’est pas une solution durable. Muñoz, par exemple, a montré quelques promesses en début de saison sur le côté droit, mais il reste un joueur de couloir gauche dans l’âme. Barcola et Gakpo peuvent s’y adapter par à-coups, sans réellement créer le danger qu’Iraola attend de ses ailiers.

Liverpool pourrait relancer une piste pour Yankuba Minteh en janvier. L’ancien joueur de Brighton possède ce profil de dribbleur percutant. En attendant l’été prochain, Olise pourrait revenir dans les discussions si les conditions changent en Bavière. Mais ces éventualités n’aident pas le club dans l’immédiat, et le déséquilibre est flagrant.

Federico Chiesa représente un autre casse-tête. L’Italien est tombé en disgrâce aux yeux du staff, au même titre qu’Endo. Son temps de jeu sera quasi inexistant, sauf si une blessure ou une vente hivernale change la donne. Liverpool dispose de beaucoup de joueurs de couloir, mais peu de véritables spécialistes du côté droit. Quantité ne rime pas avec adéquation.

Iraola face à ses choix

Andoni Iraola est réputé pour sa capacité à améliorer les joueurs. Son pressing, sa clarté et son exigence ont déjà transformé plusieurs clubs. Cette saison, son travail consistera autant à gérer son vestiaire qu’à régler les problèmes structurels laissés par le mercato. Il pourra compter sur quelques retours qui compteront comme des recrues. Conor Bradley, Giovanni Leoni et Hugo Ekitiké seront bientôt disponibles, ce qui élargira la rotation sans dépenser un euro.

Ces retours ne résoudront pas tout, mais ils soulageront au moins la pression sur les joueurs cadres. Lorsque Bradley sera opérationnel, l’arrière droit aura une solution naturelle. Si Leoni démontre son niveau physique, la défense centrale gagnera en profondeur. Ekitiké, lui, pourra seconder Isak devant et offrir un profil différent dans les matches fermés. Ce ne sont pas encore des certitudes, mais ils constituent une marge de manœuvre pour le technicien espagnol.

Malgré ces incertitudes, impossible d’ignorer la qualité individuelle de ce groupe. Alisson, Virgil van Dijk, Alexis Mac Allister, Dominik Szoboszlai, Hugo Ekitiké, Alexander Isak, Florian Wirtz et Bradley Barcola forment un noyau capable de rivaliser avec le Real Madrid ou Manchester City. Le problème de Liverpool ne vient pas de l’absence de talent, mais de sa distribution. La marge entre un onze compétitif et un effectif suffisant est immense.

Richard Hughes a laissé à Iraola une équipe taillée pour le très haut niveau. Il lui a aussi légué des trous béants que les supporters espéraient voir comblés avant le début des grandes compétitions. Le directeur sportif est parti vers Al-Hilal, mais les difficultés de construction restent à Anfield. C’est maintenant à Iraola de prouver qu’un entraîneur peut, par son travail tactique, compenser les erreurs commises en amont. Sa capacité à transformer un groupe imparfait en prétendant au titre décidera du destin de la saison des Reds. Dès ce mercredi face à l’Atletico Madrid, le premier indice sera donné.


Source: MSN News


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