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«Il fumait du crack toutes les 20 minutes» - Hunter Biden voit sa vie déballée

Jul 29, 2026  Twila Rosenbaum  10 views
«Il fumait du crack toutes les 20 minutes» - Hunter Biden voit sa vie déballée

Le procès pénal de Hunter Biden, fils du président américain Joe Biden, a pris un tournant décisif mercredi avec les témoignages poignants de son ex-femme et d'une ancienne amante. Ces révélations détaillent l'ampleur de son addiction au crack, addiction qu'il aurait niée lors de l'achat d'une arme à feu en 2018. Le procès, qui se tient à Wilmington dans le Delaware, fief de la famille Biden, suscite un intérêt médiatique considérable à moins de cinq mois de l'élection présidentielle qui opposera Joe Biden à Donald Trump.

Le témoignage de Kathleen Buhle : une vie marquée par la drogue

Kathleen Buhle, première épouse de Hunter Biden (divorcée en 2017), a raconté à la barre avoir découvert une pipe à crack dans leur maison de Washington le 3 juillet 2015, à l'époque où Joe Biden était vice-président de Barack Obama. Elle a expliqué que cette découverte n'était que le début d'une longue série. « Quand ma fille se servait de la voiture, je devais vérifier qu'elle ne conduisait pas un véhicule transportant de la drogue », a-t-elle témoigné, affirmant avoir trouvé de la drogue « une dizaine de fois » dans leur véhicule familial. Ce témoignage a été exploité par l'accusation pour démontrer que Hunter Biden était pleinement conscient de sa dépendance lorsqu'il a acheté le revolver Colt Cobra en octobre 2018. Cependant, l'avocat de Hunter Biden a souligné que Kathleen Buhle ne fréquentait plus beaucoup son ex-mari à cette époque et qu'elle ne pouvait pas certifier son état de dépendance en 2018. La défense insiste sur le fait que l'arme « n'a jamais, jamais, été chargée, portée ou utilisée pendant les 11 jours où il était en sa possession », ce qui relativise la gravité du délit.

Kathleen Buhle, mère de trois enfants nés de son union avec Hunter Biden, a également évoqué l'impact de l'addiction sur leur vie familiale. Elle a décrit des années de mensonges, de disparitions soudaines et de crises, mais aussi des tentatives répétées de réhabilitation. Hunter Biden, avocat et homme d'affaires de 54 ans reconverti en artiste, a déjà reconnu publiquement ses années de dépendance à la drogue et à l'alcool. Son autobiographie, « Les Belles Choses », dont des extraits audio ont été diffusés lors du procès, raconte sans fard cette descente aux enfers. Il y explique comment il fumait du crack, consommait de l'alcool et de la cocaïne, et comment il a finalement réussi à s'en sortir à partir de 2019.

Zoe Kestan : une relation toxique marquée par le crack

Le jury a ensuite entendu le témoignage de Zoe Kestan, rencontrée par Hunter Biden dans un club de New York fin 2017. Cette jeune femme a décrit une relation amoureuse intense mais destructrice. « À chaque fois qu'ils se voyaient dans des hôtels ou résidences à New York, Atlantic City ou en Californie, Hunter fumait du crack "toutes les 20 minutes environ" », a-t-elle déclaré. Elle a précisé que malgré tout, Hunter Biden était un homme « tellement charmant et gentil », qui cherchait à décrocher sans y parvenir. L'accusation a présenté des photos montrant Hunter Biden dans son bain, une pipe en verre dépassant de sa main, illustrant la banalisation de sa consommation.

Le témoignage de Zoe Kestan a été particulièrement difficile pour la famille Biden. La Première dame Jill Biden, belle-mère de Hunter, était présente au tribunal pour la troisième journée consécutive, témoignant par sa présence de son soutien indéfectible. Elle a été vue en train d'embrasser chaleureusement son beau-fils avant l'audience. Ce soutien familial est essentiel pour Hunter Biden, qui fait face à une opinion publique divisée et à une instrumentalisation politique de son procès.

Un procès aux lourds enjeux politiques

Le procès de Hunter Biden se déroule dans un contexte politique explosif. Donald Trump et ses alliés voient en lui le « point faible » de Joe Biden. Ils utilisent cette affaire pour alimenter le récit d'une « famille Biden corrompue », bien que les accusations de corruption contre Joe Biden lui-même n'aient jamais été prouvées. L'ordinateur portable de Hunter Biden, récupéré et exploité par le FBI, a été montré au jury mardi par le procureur. Cet ordinateur, objet de nombreuses théories du complot, contiendrait des emails, photos et vidéos compromettants. L'agente du FBI Erika Jensen a témoigné mercredi matin de la manière dont les données ont été extraites et analysées.

Joe Biden, 81 ans, qui a perdu sa première femme et sa fille dans un accident de voiture en 1972, puis son fils aîné Beau Biden d'un cancer en 2015, a exprimé son « amour infini » pour Hunter lundi dans un communiqué. Le président américain se montre discret sur l'affaire, mais il ne peut s'empêcher d'être affecté par les révélations qui émergent. Pour les républicains, ce procès est une aubaine politique, leur permettant de critiquer l'administration Biden tout en attisant les soupçons de favoritisme.

Les détails techniques du délit

L'achat de l'arme à feu, un Colt Cobra, a eu lieu le 12 octobre 2018 chez un armurier agréé. Pour acquérir une arme aux États-Unis, l'acheteur doit remplir un formulaire fédéral (ATF Form 4473) dans lequel il certifie notamment ne pas être un utilisateur illicite de stupéfiants. Hunter Biden aurait coché « non » à la question relative à la consommation de drogues, alors qu'il était, selon l'accusation, en pleine addiction. Il encourt théoriquement jusqu'à 25 ans de prison, mais en pratique, ce type de délit aboutit rarement à une peine de prison ferme, surtout pour un primo-délinquant sans antécédents violents. La défense argue que Hunter Biden n'a jamais utilisé l'arme illégalement et qu'il la possédait uniquement pour son activité de collectionneur.

Le procès, qui devrait durer encore plusieurs jours, a également mis en lumière les antécédents familiaux des Biden. Le frère aîné de Hunter, Beau Biden, était procureur général du Delaware et aurait pu être candidat à la présidentielle s'il n'était pas décédé. Sa mémoire est souvent invoquée par la famille comme un modèle de rectitude. Les proches de Hunter Biden espèrent que le jury fera preuve de clémence, considérant que l'accusé s'est depuis sorti de la drogue et qu'il mène une vie stable avec sa femme Melissa Cohen Biden, rencontrée en 2019.

Les répercussions médiatiques et sociétales

L'affaire Hunter Biden est devenue un feuilleton médiatique qui passionne une partie de l'opinion américaine. Les tabloïds et les chaînes d'information en continu en font leurs choux gras, détaillant chaque témoignage avec des titres-choc. Le procès relance également le débat sur le traitement des addictions aux États-Unis, où la crise du crack et des opioïdes touche des millions de familles. Certains observateurs y voient l'occasion de mettre en lumière les difficultés des personnes souffrant de dépendance, tandis que d'autres insistent sur la responsabilité individuelle.

Le rôle de l'avocat de la défense, Abbe Lowell, est crucial. Ce ténor du barreau, spécialisé dans les affaires politiquement sensibles, a déjà défendu des clients comme l'ex-sénateur John Edwards ou l'ancien conseiller de Trump Paul Manafort. Il tente de minimiser la crédibilité des témoins de l'accusation et de souligner les progrès accomplis par Hunter Biden depuis 2019. Son argumentaire repose sur l'idée que l'achat de l'arme était un acte insignifiant survenu à un moment où Hunter Biden était en pleine rechute, mais qu'il s'est depuis racheté une conduite.

Le jury, composé de douze citoyens du Delaware, devra décider si Hunter Biden est coupable de parjure et d'achat illégal d'arme. Le verdict est attendu avec impatience par les deux camps politiques. En cas de condamnation, cela pourrait affaiblir Joe Biden dans sa campagne de réélection, mais aussi donner des arguments à Trump pour dénoncer un système à deux vitesses. En cas d'acquittement, les républicains crieront au favoritisme. Le procès, quoi qu'il arrive, laissera des traces profondes dans la vie politique américaine.


Source: bluewin.ch News


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