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L'ex-président américain Jimmy Carter est mort à l'âge de 100 ans

Sep 10, 2026  Twila Rosenbaum  11 views
L'ex-président américain Jimmy Carter est mort à l'âge de 100 ans

Les faits essentiels

  • Jimmy Carter, 39e président des États-Unis, est mort à l'âge de 100 ans.
  • Il s'est éteint à son domicile de Plains, en Géorgie, entouré de sa famille.
  • Il était en soins palliatifs à domicile depuis février 2023.
  • Élu en 1976, il a dirigé la Maison-Blanche de 1977 à 1981.
  • Il a reçu le prix Nobel de la paix en 2002 pour son action humanitaire.
  • Son épouse Rosalynn Carter est décédée en novembre 2023.

Une enfance rurale et une formation d'ingénieur

James Earl Carter Jr. est né le 1er octobre 1924 à Plains, une petite ville de Géorgie. Il grandit dans la ferme familiale d'Archery, où ses parents cultivaient du coton et des arachides. Très jeune, il vend des cacahuètes dans les rues de Plains, une expérience qui marquera son image publique. Il étudie à la Georgia Southwestern College, puis au Georgia Institute of Technology, avant d'intégrer l'Académie navale des États-Unis, dont il sort diplômé en 1946. La même année, il épouse Rosalynn Smith, avec qui il partagera soixante-dix-sept ans de vie commune. Le couple aura quatre enfants : Jack, Chip, Jeff et Amy.

Dans la marine, Carter sert dans la force sous-marine et participe au programme des sous-marins nucléaires. Il travaille sous les ordres de l'amiral Hyman Rickover, figure exigeante qui lui inculque une rigueur durable. En 1953, à la mort de son père, il quitte la marine et retourne à Plains pour reprendre l'exploitation familiale d'arachides. Il devient également diacre baptiste et enseigne à l'école du dimanche, une pratique qu'il maintiendra pendant des décennies.

De l'échelon local à la Maison-Blanche

Jimmy Carter entre en politique en 1962, lorsqu'il est élu au Sénat de Géorgie. Il y siège jusqu'en 1967 et se fait connaître pour son opposition à la ségrégation raciale. En 1970, il est élu gouverneur de Géorgie. Dans son discours d'investiture, en 1971, il déclare que le temps de la discrimination raciale est révolu, une phrase qui tranche avec le climat politique de l'époque dans le Sud américain. Il réorganise l'administration de l'État, réduit la bureaucratie et promeut la nomination de femmes et de minorités à des postes publics.

En 1976, dans un pays marqué par le scandale du Watergate et la guerre du Vietnam, Carter se présente à l'élection présidentielle comme un outsider honnête, étranger aux arrangements de Washington. Il obtient l'investiture démocrate et bat de justesse le président sortant Gerald Ford. Il devient le 39e président des États-Unis et le premier dirigeant américain issu d'un État du Sud profond depuis plus d'un siècle.

Une présidence courte mais dense

La présidence de Jimmy Carter, de 1977 à 1981, est marquée par des avancées diplomatiques majeures et des crises économiques et internationales. Dès son arrivée au pouvoir, il signe des décrets pour lutter contre la discrimination et crée les départements de l'Énergie et de l'Éducation. Il nomme Paul Volcker à la tête de la Réserve fédérale, un choix qui contribuera à la lutte contre l'inflation mais aussi à une récession douloureuse.

Sur la scène internationale, Carter obtient son plus grand succès avec les accords de Camp David en 1978, qui aboutissent à un traité de paix entre Israël et l'Égypte en 1979. Il normalise également les relations diplomatiques avec la Chine populaire et signe les traités sur le canal de Panama, transférant progressivement le contrôle du canal au Panama. Ces décisions sont controversées mais saluées par la suite comme des actes de courage politique.

Sa présidence est cependant assombrie par la crise des otages en Iran. En novembre 1979, des militants iraniens prennent d'assaut l'ambassade des États-Unis à Téhéran et retiennent 52 Américains pendant 444 jours. Une opération de sauvetage militaire échoue en avril 1980, coûtant la vie à huit militaires américains. La crise s'achève en janvier 1981, quelques minutes après la fin de son mandat. Carter doit aussi faire face à la deuxième crise pétrolière, à l'inflation et au chômage. Son discours sur la crise de confiance, souvent appelé discours du malaise, en 1979, est mal reçu par une partie de l'opinion. En 1980, il perd l'élection présidentielle face au républicain Ronald Reagan.

Une seconde vie après la Maison-Blanche

Après sa défaite, Jimmy Carter refuse de se retirer de la vie publique. En 1982, il fonde une organisation dédiée à la résolution des conflits, à la promotion de la démocratie et à la santé publique. Cette structure, basée à Atlanta, devient un acteur majeur de l'observation électorale dans le monde. Carter et son épouse parcourent la planète pour superviser des élections, négocier des trêves et lutter contre des maladies tropicales négligées.

L'ancien président joue un rôle de médiateur dans plusieurs crises. En 1994, il se rend en Corée du Nord pour désamorcer une crise nucléaire. La même année, il contribue à la restauration du président Jean-Bertrand Aristide en Haïti et participe à des efforts de paix en Bosnie. Il soutient également l'organisation Habitat for Humanity, qui construit des logements pour des familles défavorisées. Pendant des décennies, il prend lui-même la truelle pour participer aux chantiers.

Son action humanitaire lui vaut le prix Nobel de la paix en 2002. Le comité norvégien salue ses efforts pour trouver des solutions pacifiques aux conflits internationaux, faire progresser la démocratie et les droits humains, et promouvoir le développement économique et social. Carter reçoit également la médaille présidentielle de la liberté en 1999. Il écrit plus de trente livres, dont des mémoires, des recueils de poésie et des essais sur la foi et la politique.

Les derniers combats de santé

En 2015, Jimmy Carter annonce qu'il est atteint d'un cancer du foie, puis d'une tumeur au cerveau. Après des traitements, il déclare être en rémission. En 2019, il devient le président américain ayant vécu le plus longtemps, dépassant George H. W. Bush. Il subit plusieurs hospitalisations, notamment pour des fractures de la hanche et du bassin après des chutes. En février 2023, sa famille annonce qu'il a choisi de recevoir des soins palliatifs à domicile plutôt que de poursuivre des traitements hospitaliers. Il apparaît encore en public en novembre 2023, lors des obsèques de Rosalynn, son épouse depuis 1946. Leur mariage reste l'un des plus longs de l'histoire présidentielle américaine.

Réactions et hommages

La mort de Jimmy Carter a suscité une vague d'hommages aux États-Unis et à l'étranger. Le président Joe Biden a salué un homme de principes, qui a consacré sa vie au service public et à la paix. D'autres anciens présidents, dont Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama, ont rendu hommage à son intégrité et à son engagement humanitaire. Des dirigeants de plusieurs pays ont évoqué son rôle dans les accords de Camp David et son travail pour l'éradication de maladies. Les habitants de Plains, sa ville natale, ont déposé des fleurs et des messages devant sa maison et devant le magasin familial.

Un héritage multiple

L'héritage de Jimmy Carter est double. Sur le plan politique, il laisse l'image d'un président dont le mandat fut jugé sévèrement par ses contemporains, mais réévalué par les historiens pour son anticipation des défis énergétiques et climatiques. Il est l'un des premiers dirigeants mondiaux à avoir alerté sur la dépendance aux énergies fossiles et sur la nécessité de préserver l'environnement. Sur le plan moral, il incarne une forme de dignité et de simplicité dans l'exercice du pouvoir. Après la Maison-Blanche, il a redéfini le rôle des anciens présidents, transformant une retraite dorée en plate-forme d'action mondiale.

Son travail contre la maladie du ver de Guinée est souvent cité comme l'un des plus grands succès de santé publique. Lorsque son organisation a commencé à s'y consacrer, la maladie touchait des millions de personnes en Afrique et en Asie. En 2024, seuls quelques cas isolés étaient encore signalés. Ce résultat, obtenu par l'éducation, l'accès à l'eau potable et la mobilisation des communautés, est considéré comme un modèle. Carter a également œuvré contre la cécité des rivières et le trachome.

Sur le plan politique intérieur, il a nommé un nombre record de femmes et de minorités à des postes fédéraux pour l'époque. Il a créé le département de l'Éducation, renforcé la législation environnementale et protégé de vastes zones naturelles en Alaska. Il a aussi normalisé les relations avec la Chine et poursuivi la politique de détente avec l'Union soviétique, même si les tensions ont ressurgi après l'invasion de l'Afghanistan.

Sa foi baptiste a été un fil conducteur. Il a enseigné l'école du dimanche pendant des décennies, y compris après avoir été président. Il a souvent parlé de la responsabilité morale de servir les plus vulnérables. Cette dimension a parfois prêté à sourire, mais elle a structuré son action. Il a aussi écrit sur la Palestine et critiqué certaines politiques israéliennes, ce qui a suscité des débats aux États-Unis.

Jimmy Carter laisse derrière lui quatre enfants, onze petits-enfants et plusieurs arrière-petits-enfants. Sa disparition marque la fin d'une génération de dirigeants américains issus de la Seconde Guerre mondiale. Les funérailles d'État doivent se tenir à Washington, avant une inhumation à Plains, près de la maison où il est né et où il est mort.


Source: France 24 News


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