Le Vatican a accueilli ce jeudi une projection exceptionnelle, en plein cœur de la cité papale, pour marquer le premier anniversaire de la mort du pape François. L'événement phare : la première mondiale du film Aldeas, the Final Dream of Pope Francis, un projet supervisé de près par le cinéaste américain Martin Scorsese. Ce documentaire, tourné dans plusieurs pays – notamment en Italie, en Indonésie, en Gambie et au Vatican –, présente le dernier témoignage filmé du pontife disparu, recueilli peu avant sa mort. Il a été réalisé par Clare Tavernor et Johnny Shipley, et produit par Aldeas Scholas Films, en association avec Sikelia Productions (la société de Scorsese) et Massive Owl Productions.
Un projet confié par le pape lui-même
Le pape François avait personnellement confié la supervision de ce film à Martin Scorsese, un geste qui souligne l'importance qu'il accordait au cinéma comme vecteur de dialogue et de spiritualité. Le pontife défunt décrivait Aldeas comme « un projet d'une extraordinaire poésie et profondément transformateur, parce qu'il touche à la racine même de la vie humaine : notre sociabilité, nos conflits et l'essence même du voyage de la vie ». Le film, dont l'intégralité des recettes sera réinvestie dans l'initiative Aldeas, s'inscrit dans la continuité du mouvement éducatif mondial Scholas Occurrentes, fondé par le pape François en 2013. Ce réseau d'écoles et d'ateliers vise à promouvoir la culture de la rencontre, thème central du magistère de François.
Martin Scorsese, connu pour son propre rapport à la foi catholique – exploré dans des films comme Silence ou La Dernière Tentation du Christ –, a expliqué que le pape François « avait compris que le cinéma jouerait un rôle fondamental pour rendre réelle la culture de la rencontre ». Il a ajouté : « Ce film est un hommage au Saint-Père. Il honore sa mémoire en incarnant l'esprit de son ministère et son rêve de bâtir une culture toujours plus humaine. À ce moment de l'histoire, je crois que ce n'est pas seulement un rêve, mais une nécessité. »
Le pape François : un héritage de réformes et de dialogue
Jorge Mario Bergoglio, devenu pape en 2013 sous le nom de François, a marqué l'Église catholique par son style humble, son ouverture aux questions sociales et son engagement pour les migrants et les pauvres. Il a été le premier pape issu du continent américain (Argentine) et le premier jésuite à accéder à la papauté. Durant son pontificat, il a promu le dialogue interreligieux, notamment avec l'islam, et a tenté de réformer les structures de la Curie romaine. Sa mort, survenue il y a un an, a suscité une vague d'émotion mondiale. Le film Aldeas se veut une synthèse de sa vision : un monde où les communautés se rencontrent, dépassent les divisions et construisent ensemble une humanité plus fraternelle.
Parmi les séquences marquantes du documentaire, on trouve des images tournées dans des villages reculés d'Indonésie, où le pape s'était rendu en 2024, et dans des écoles Scholas en Gambie. Le film montre aussi des moments de prière et de méditation dans les jardins du Vatican, offrant un portrait intime et spirituel du pontife. La projection, intimiste, s'est déroulée en présence de membres de Scholas Occurrentes, de collaborateurs du pape et de représentants du Vatican.
Une querelle politique en arrière-plan
La première d'Aldeas intervient dans un contexte particulier : une vive querelle entre le nouveau pape, Léon XIV, élu après la mort de François, et l'ancien président américain Donald Trump. En pleine campagne pour l'élection présidentielle américaine de 2028, Trump a menacé l'Iran d'une guerre totale, affirmant que « toute une civilisation va mourir » si ses exigences n'étaient pas satisfaites. Le pape Léon XIV a qualifié cette menace de « vraiment inacceptable », ce qui a déclenché une réaction virulente de Trump. Ce dernier a traité le pontife – le premier pape né aux États-Unis – de « FAIBLE sur la criminalité, et catastrophique en politique étrangère », et a refusé de présenter des excuses. Trump a également publié sur les réseaux sociaux une image générée par intelligence artificielle le représentant en Jésus, suscitant un tollé international ; il a finalement retiré l'image sous la pression.
Le vice-président américain JD Vance, converti au catholicisme et souvent présenté comme un allié de Trump, n'a pas hésité à donner son avis, déclarant que le pape devrait « faire attention lorsqu'il parle de questions de théologie ». Le pape Léon XIV a répliqué par un communiqué laconique : il n'a « absolument aucun intérêt » à débattre avec Trump de la guerre en Iran. Cette confrontation montre les tensions croissantes entre l'administration américaine et le Saint-Siège sur les questions de guerre et de paix.
Un film porteur d'espérance
En dépit des polémiques politiques, la soirée au Vatican a été placée sous le signe de la mémoire et de l'espérance. Aldeas n'est pas seulement un documentaire posthume ; c'est un appel à poursuivre le rêve du pape François : celui d'une culture de la rencontre qui dépasse les frontières, les religions et les idéologies. Les ventes du film sont gérées par LBI Entertainment et Double Agent, et tous les bénéfices serviront à étendre le réseau Scholas Occurrentes dans le monde, notamment dans des zones de conflit.
Pour Martin Scorsese, qui a souvent exprimé son admiration pour le pape François, ce projet représente l'aboutissement d'une collaboration spirituelle : « François n'était pas seulement un chef d'Église, mais un homme de cinéma dans l'âme : il savait que les images peuvent toucher les cœurs là où les mots échouent. » Le film sera prochainement présenté dans plusieurs festivals internationaux, avant une sortie en salles limitée prévue en fin d'année.
Le pape Léon XIV, qui a assisté à la projection en privé, a salué l'œuvre comme « un témoignage édifiant de la vision de mon prédécesseur », tout en évitant de commenter la querelle avec Trump. Dans les couloirs du Vatican, des rumeurs évoquent une possible médiation pontificale pour apaiser les tensions au Moyen-Orient, mais rien n'a été confirmé. L'important, pour les organisateurs, reste que la lumière du message de François continue de briller à travers ce film, un an après sa mort.
Le projet Aldeas, au-delà du film, comprend également des ateliers éducatifs dans les communautés locales, utilisant le cinéma comme outil de dialogue. Scholas Occurrentes, présent dans 190 pays, a formé plus de 400 000 jeunes depuis sa création. L'héritage du pape François, porté par des artistes comme Scorsese, semble ainsi promis à une longue vie.
Source: MSN News