Une rentrée cinéma très attendue
Après un été particulièrement faste pour les cinémas français, l'automne se présente comme une continuation naturelle. Selon les chiffres du CNC, les mois de juillet et août ont rassemblé plus de 37 millions de spectateurs, une première depuis 2011. Cette dynamique s'annonce confortée par une programmation dense, entre gros budgets hollywoodiens, adaptations littéraires et nouvelles signatures de cinéastes. Voici une sélection des sorties qui vont marquer les prochaines semaines.
Histoires de la nuit, le 16 septembre
Adaptation du roman éponyme de Laurent Mauvignier, Histoires de la nuit arrivera en salles le 16 septembre. Réalisée par Léa Mysius, la cinéaste d'Ava et des Cinq diables, cette fiction prend le parti de trancher dans le récit original pour se concentrer sur une soirée d'anniversaire qui bascule. Hafsia Herzi et Bastien Bouillon incarnent un couple isolé dont le quotidien est brisé par l'irruption de trois hommes. Benoît Magimel, maître de cérémonie inquiétant, domine le tableau. Ce huis clos à la campagne, souvent comparé aux Chiens de paille de Sam Peckinpah, doit son intensité à la mécanique du home invasion. En retirant les longues circonvolutions du texte, Léa Mysius privilégie l'épure et la montée de la tension. Il n'en reste pas moins une chance de découvrir au cinéma l'un des grands textes littéraires récents, porté par une distribution de premier plan.
Resident Evil, le 16 septembre
Resident Evil revient sur grand écran le 16 septembre avec un huitième opus qui entend renouer avec l'angoisse du jeu vidéo. Dans la franchise, les six premiers volets portés par Milla Jovovich avaient surtout misé sur l'action et le second degré. L'essai Bienvenue à Raccoon City n'avait guère convaincu. Ce nouvel épisode est confié à Zach Gregger, remarqué pour Barbare et Évanouis. Le réalisateur américain, dont Évanouis a séduit le public, la critique et l'Académie des Oscars, retrouve Austin Abrams, déjà présent dans son film précédent. Le long-métrage réunit également Paul Walter Hauser et Zach Cherry. On ne connaît pas encore tous les contours de l'intrigue, mais le choix d'un cinéaste venu du cinéma de genre est un signal fort. Les amateurs de frissons espèrent que cette nouvelle adaptation renouera enfin avec l'atmosphère des jeux Capcom. Rarement un Resident Evil n'aura suscité autant d'attentes auprès des passionnés.
Garance, le 23 septembre
Le 23 septembre sortira Garance, le nouveau film social de Jeanne Herry. Après Pupille et Je verrai toujours vos visages, la cinéaste s'empare de l'alcoolisme féminin. Adèle Exarchopoulos, aperçue dans L'Amour ouf, La Vie d'Adèle ou Rien à foutre, joue une comédienne de théâtre pour enfants qui enchaîne les petits rôles, les nuits agitées et les verres de trop. Elle croise la route de Pauline, incarnée par Sara Giraudeau. Une rencontre qui pourrait changer le cours de son existence. Sélectionné à Cannes, le film n'hésite pas à embrasser la tragédie, mais il garde une lueur d'espoir. Jeanne Herry a toujours su filmer les blessures sociales sans misérabilisme, en s'attachant aux trajectoires individuelles. Le tandem Adèle Exarchopoulos-Sara Giraudeau promet d'autant plus que la première sait passer de l'excès à la vulnérabilité. Avec Sarajeanne Drillaud au générique, Garance s'annonce comme l'un des grands rendez-vous français de la fin du mois de septembre.
Primetime, le 23 septembre
Robert Pattinson sera le visage de Chris Hansen dans Primetime, attendu le 23 septembre. Le film revient sur l'histoire de To Catch a Predator, l'émission américaine qui tendait des pièges aux prédateurs sexuels grâce à de faux profils d'adolescents. S'il fut un moment fort de la télévision outre-Atlantique, le programme a soulevé d'importantes questions éthiques, avant son retrait après le suicide de Bill Conradt. Primetime, réalisé par Lance Oppenheim, semble adopter un regard critique. Robert Pattinson, qui enchaîne les projets, incarnera un présentateur obsédé par l'audience plutôt que par la morale. Merritt Wever, Skyler Gisondo et Anna Faris complètent la distribution. Ce portrait s'annonce complexe et sans concession. À la manière des fictions sur les médias, Primetime pose la question de la mise en scène de la justice et du voyeurisme. Un rôle en or pour Robert Pattinson, après des choix de carrière de plus en plus éclectiques.
Digger, le 30 septembre
Le 30 septembre marquera le grand retour de Tom Cruise dans un registre inattendu. Digger, le nouveau film d'Alejandro González Iñárritu, s'annonce comme un événement. L'acteur de Mission Impossible, méconnaissable, incarne un magnat du pétrole arrogant, amateur de chats, doté d'un accent sud-américain à couper au couteau. L'intrigue, à la limite de la satire, montre ce personnage tout-puissant capable de précipiter la fin du monde tout en gardant la clé du salut de l'humanité. Le budget confié par Warner Bros. atteint 125 millions de dollars, signe de l'ambition du projet. Autour de Tom Cruise, la distribution a de quoi affoler : Sandra Hüller, Riz Ahmed, John Goodman, Jesse Plemons et Emma D'Arcy. Le cinéaste mexicain, dont The Revenant a triomphé aux Oscars, aime les récits à la croisée de l'intime et du politique. Cette nouvelle fiction, qui mêle catastrophe écologique et menace nucléaire, promet un ton à la fois spectaculaire et grinçant. Pour Tom Cruise, c'est aussi une prise de risque : il délaisse les franchises qui ont fait son succès international pour un personnage de composition. Digger sera sans doute l'un des films les plus commentés de l'automne.
The Social Reckoning, le 7 octobre
The Social Reckoning, en salles le 7 octobre, prolonge The Social Network en adoptant le point de vue des lanceurs d'alerte. Le premier film, mis en scène par David Fincher, avait dressé le portrait des débuts de Facebook avec Jesse Eisenberg en Mark Zuckerberg. Seize ans plus tard, Aaron Sorkin passe derrière la caméra pour explorer les dérives de la plateforme. On y suivra Jeff Horwitz, journaliste du Wall Street Journal, et Frances Haugen, l'ex-employée devenue lanceuse d'alerte, incarnée par Mikey Madison. Jeremy Allen White jouera le journaliste. Pour incarner Mark Zuckerberg, le film choisit Jeremy Strong, acteur révélé par Succession. La bande-annonce ne laisse guère de doute sur le ton : il sera question de fausses informations, de haine en ligne et de modération défaillante. L'héritage du film de 2010 est lourd, mais le contexte a suffisamment changé pour justifier cette suite. L'affrontement entre lanceurs d'alerte et empire numérique s'annonce comme l'un des temps forts du 7 octobre. Avec un sujet au cœur de la vie démocratique, The Social Reckoning arrive à point nommé pour alimenter les débats.
Les Misérables, le 14 octobre
Les Misérables de Fred Cavayé arrivent en salles le 14 octobre. Le cinéaste, connu pour ses comédies et ses thrillers, s'attaque au monument de Victor Hugo. Vincent Lindon, Tahar Rahim, Noémie Merlant, Camille Cottin, Benjamin Lavernhe, Vassili Schneider et Marie Colomb mènent la danse. Ce gros budget français, estimé à 37 millions d'euros, pourrait devenir l'événement du cinéma hexagonal. Le film se concentre sur Jean Valjean et sur sa lutte pour protéger Cosette. Les précédentes adaptations ont donné naissance à des figures mythiques, de Jean Marais à Lino Ventura, sans oublier Jean-Paul Belmondo. Il faudrait donc au nouveau venu une certaine audace pour exister après ces gloires. Fred Cavayé, qui passe d'un genre à l'autre avec aisance, semble avoir la carrure pour ce défi. En replaçant le récit au centre de la question de la justice et de la rédemption, cette version veut rappeler que le roman de Victor Hugo reste étonnamment moderne. Côté distribution, Vincent Lindon en ancien forçat promet une interprétation intense. On attend de voir si cette adaptation parviendra à émouvoir sans trahir l'ampleur du texte original. Le pari est ambitieux, à hauteur de l'œuvre.
Source: MSN News